Histoire de la Relativité

 

 

 

Relativité du mouvement

Référentiels galiléens et principe  d'inertie

Le principe de relativité galiléen

Symétrie et lois de conservation

Référentiels non-galiléens  et  forces  d'inertie

Théorie de la relativité restreinte

                                                             

 

Introduction

Le principe d'équivalence

Champs de gravitation et espaces  courbes

Le principe de relativité générale

Les équations du champ

Vérifications expérimentales

Le principe cosmologique

Symétries spatiales et tenseur métrique

Un univers en expansion

Les équations de Friedmann

Les modèles d'univers

Grandeurs observables et données expérimentales

 

                                                                                                                                                                                 

 

  

 

 

 

                                                                                 Cosmologie                         

 

 

1°) Le principe cosmologique

Formulé en 1917 par A.Einstein, le principe cosmologique stipule que l'univers est homogène (son apparence générale ne dépend pas de la position de l'observateur) et isotrope (son aspect ne dépend pas de la direction dans laquelle on l'observe) . Ainsi toute translation ou rotation de l'observateur ne doit pas changer la vision qu'il a de l'univers. Ce principe n'est valable qu'à grande échelle c'est à dire à des échelles supérieures à celles des amas de galaxies.  

                                     

                                    Univers homogène à grande échelle

Univers hétérogène à petite échelle

                                                                                                        

                                                                                                             

Le principe cosmologique est bien vérifié par les observations. La preuve la plus évidente en ce sens est l'isotropie quasi parfaite du fond diffus cosmologique qui correspond à "l'image" de l'univers tel qu'il était 380 000 ans après le big bang. Néanmoins, si l'univers était déjà si fortement homogène et isotrope à cette époque (de même qu'il l'est globalement resté durant les quelques 13 milliards d'années qui ont suivi), il reste à comprendre pourquoi une homogénéité quasi parfaite reignait déjà dès les premiers instants alors même que tous les points de l'espace constituant l'univers à cette époque ne pouvaient être causalement relié entre eux. Le modèle de l'inflation cosmique semble pouvoir répondre à cette question.

 

 

Carte de la sphère céleste montrant les fluctuations (ou anisotropie) du fond diffus cosmologique observées par le satellite WMAP

Découvert en 1965 par les 2 radioastronomes Penzias et Wilson, le fond diffus cosmologique est un rayonnement électromagnétique de type "corps noir" à la température de 2,7 °K. Le modèle cosmologique standard interprète ce rayonnement comme ayant été émis environ 380 000 ans après le big Bang lorsque l'univers, suffisamment refroidi en raison de son expansion, a permis à la lumière de se  découpler de la matière. Une analyse minucieuse (par les satellites COBE puis WMAP) de ce rayonnement montre qu'il est presque parfaitement isotrope mis à part quelques infimes irrégularités surement à l'origine de la formation ultérieure des galaxies.

                                                    

 

                                   

Imaginé par A.Guth en 1979, l’inflation est un processus qui, dès les premiers instants, a permis de dilater les dimensions de l’univers de façon titanesque. Quelques 10-35 s après le « Big-Bang » et alors que la température de l’univers ne cessait de chuter, un champ de Higgs dénommé « inflaton » s’est retrouvé un court instant dans un état d’énergie qu’il n’aurait pas du avoir sans l’aide d’une fluctuation quantique appropriée. Cet état d’énergie qui correspond à ce qu’on appelle le « faux vide » a communiqué à l’univers une énorme poussé l’amenant à se dilater brusquement et de façon exponentielle. Puis, une fois l’inflaton ayant repris son état d’énergie minimale qui correspond à ce qu’on appelle alors le « vrai vide », l’énergie du champ a servi à engendrer des particules.

                      

Une analogie souvent citée est celle de l’eau en surfusion, c'est-à-dire de l’eau refroidie à moins de 0°C sans geler. Au fur et à mesure que se poursuit le refroidissement, l’eau finit pas geler soudainement et abandonne ensuite sa chaleur latente de fusion dans le processus comme le fit l’univers lorsqu’il est passé du « faux vide » au « vrai vide »  

 

    

Lorsque le rayonnement cosmologique a été émis 380 000 ans après le big-bang, seules les parties de l'univers séparées de 380 000 a.l pouvaient être reliées causalement ce qui signifie que le processus d'homogénéisation  n'a pu se faire que sur des distances de 380 000 al au mieux. Le problème est que l'univers possède à cette période une taille déjà bien supérieure si bien que le fond diffus cosmologique n'a aucune raison d'être totalement homogène et isotrope comme le prouvent les différentes observations. La solution du problème est que toutes les régions de l'univers à cette époque étaient déjà en "contact" avant d'être écartelées par l'inflation. Ainsi, l'univers que nous observons est très uniforme aujourd'hui car il est le résultat de la dilatation extrême d'un germe minuscule dans lequel l'énergie avait déjà eu le temps d'être distribuée de façon uniforme.

                                                       

Chacun des points de la surface de diffusion possède une sphère de causalité de 380 000 al au maximum. Pourtant, le rayonnement issu de cette surface et que l’on observe aujourd’hui est parfaitement isotrope !

 

L'inflation cosmologique permet également d'expliquer pourquoi l'univers semble être aussi plat aujourd'hui alors qu'il aurait pu adopter n'importe quelle autre forme. Quelque soit la courbure que possédait l'univers dès ses débuts, celle-ci a été littéralement "gommée" par l'inflation de la même manière que la courbure mesurée par un observateur situé sur la surface d'un ballon démesurément gonflé peut paraître nulle.

                                                 

L'inflation prévoit ainsi un univers plat et donc une densité d'énergie totale égale à la densité d'énergie (massique) critique.

                                                                                                           

            

2°) Symétries spatiales et  tenseur métrique

Le fait que notre univers soit homogène et isotrope restreint de façon drastique les formes géométriques  que la partie  spatiale de notre univers peut adopter. Les seules formes possibles pour  l'espace  qui sont compatibles  avec  la  condition  de symétrie entre tous les points et toutes les directions sont les espaces  3D à  courbure constante, c'est à dire les espaces possédant une symétrie maximale. On peut montrer que seule la 3-sphère, la 3-hyperboloide et l'espace euclidien à 3 dimensions respectent les conditions de symétrie imposées par l'homogénéité et l'isotropie de l'univers.

 

a) La 3 sphère  (courbure constante positive)

 

Une 3-sphère est l'analogue d'une sphère en dimension supérieure. C'est l'ensemble des points équidistants d'un point central fixé dans un espace euclidien à 4 dimensions.

                                   

b) L'espace euclidien 3D  (courbure nulle)

                     

 

c) La 3 hyperboloide (courbure négative)

                         

                                                     

 

 

 

3°) Un univers en expansion

3-1) Une prédiction théorique

En 1917, la plupart des scientifiques étaient persuadés que l'univers se résumait à la voie lactée, un groupe stables d'étoiles. Certes, il se pouvait que certaines étoiles individuelles se déplaçaient à l'intérieur, mais en considérant la voie lactée toute entière, la caractéristique de l'univers semblaient bien être la stabilité. La voie lactée n'était ni très grande, ni très petite mais semblait être là depuis l'éternité selon les croyances de l'époque.

Grâce à sa toute dernière théorie achevée en 1915, A.Einstein essaya dès lors de décrire cet univers à l'aide d'un modèle théorique. Selon lui, l'univers devait être statique mais aussi fini (ressemblant à la surface d'une sphère) de telle sorte qu'il n'y ait pas de "bords", et devait contenir de la matière distribuée uniformément dans l'espace.

Etonnament, lorsqu'Einstein posa les équations décrivant un tel univers statique, elles indiquaient au contraire un univers soit en expansion soit en contraction ! Le seul moyen de le rendre immobile pour imiter l'apparence de la voie lactée était d'ajouter un terme supplémentaire aux équations de la RG: la fameuse constante cosmologique

 

3-2) La découverte de Hubble

 

Après de longues observations passées entre 1919 et 1924 derrière l'oculaire du grand télescope du Mont Wilson aux Etats-Unis , Edwin Hubble réussit à prouver grâce à la méthode des céphéides que les nébuleuses spirales que l'on croyait être situées dans la voie lactée, étaient en réalité de véritables galaxies situées bien au delà de la notre et qui plus est, étaient réparties de façon uniforme dans ses grandes lignes.

 

        

       Edwin Hubble        (1889-1953)

Malgré cette découverte capitale, les travaux de Hubble ne s'arrêtèrent pourtant pas là; Grâce aux nombreuses mesures de décalages Doppler déjà effectuées par l'astronome Slipher, il réalisa que non seulement quasiment tous les décalages spectrales étaient orientés vers le rouge (les galaxies s'éloignent) mais aussi que plus les galaxies étaient petites et plus leur décalage vers le rouge semblaient importants.

En supposant que toutes les galaxies ont plus ou moins la même taille, cela signifiait que les plus petites galaxies n'étaient petites qu'en apparence parce que plus éloignées et que grande distance et grande vitesse de récession allaient de pair.

Lorsque Hubble plaça sur un graphique la vitesse de récession des galaxies en fonction de leur distance, il constata que les points étaient sensiblement alignés et établit ainsi en 1929 ce qu'on appelle aujourd'hui la loi de Hubble: v= H.r et qui signifie que plus une galaxie est éloignée et plus sa vitesse de fuite est importante. En d'autres termes, Hubble venait de découvrir que l'univers dans son ensemble était en expansion.

(Bien que passé complètement inaperçu à l'époque, l'abbé Georges Lemaître avait déjà montré en 1929 et à l'aide des équations de la RG, que dans un univers en expansion, les galaxies lointaines apparaîtraient se fuir avec des vitesses proportionnelles à leur distance)

 

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Il est important de préciser que les mesures obtenus par E.Hubble étant réalisées depuis la Terre, il serait logique de conclure que les galaxies s'éloignent seulement relativement à nous et ce de façon d'autant plus rapide qu'elles sont situées loin de la Terre. En fait, les décalages vers le rouge donnent une mesure de la vitesse à laquelle les galaxies se séparent les unes des autres et pas seulement par rapport à nous Terriens.

En effet, nous ne sommes pas situés à un endroit particulier, le centre de l'univers. C'est donc l'espace tout entier qui est en expansion de telle sorte que n'importe quel autre observateur vivant ailleurs dans l'univers verrait exactement le même phénomène de récession.

Une analogie souvent utilisée pour expliquer ce que signifie un univers en expansion est le ballon que l'on gonfle: n'importe quelle tâche dessinée sur la surface du ballon voit les autres tâches s'éloigner d'elle de la même façon, c'est à dire suivant la même loi: la loi de Hubble.

                                 

                                                        

                       

 

3-3) La métrique spatio-temporelle de Friedmann-Lemaître-Robertson-Walker3

°a) Partie spatiale de la métrique

Bien que l'espace soit en expansion, la symétrie reste toujours de mise. Quelque soit la galaxie dans laquelle on se situe, toutes les autres s'éloignent d'elle de la même manière selon la loi de Hubble. Autrement dit, même si l'univers change avec le temps, alors quelque soit sa position, chaque observateur entrainé avec l'espace qui se dilate, verra toujours autour de lui une tranche d'espace homogène et isotrope . La métrique de la partie spatiale sera donc toujours un espace à symétrie maximale mais dont  le paramètre "a" (qui représente par exemple le rayon de l'hypersphère dans le cas de l'espace à courbure constante positive) sera fonction du temps.

                                                       

Parcontre, à la différence d'un univers statique, les coordonnées     représentent maintenant ce qu'on appelle les coordonnées comobiles, c'est à dire les coordonnées d'un point M par rapport à un repère en réalité fixe dans l'espace mais mobile puisque lié à un espace qui se dilate (à la manière d'une toile élastique que l'on étire).

Autrement dit, un point M immobile (représentant par exemple une galaxie quelconque dont on néglige le mouvement propre) aura toujours les mêmes coordonnées dans un tel repère bien que l'espace se dilate au cours du temps. (Bien que globalement immobiles dans l'espace, les galaxies s'écartent les unes des autres uniquement en raison de la dilatation de l'espace lui même). La comobilité, c'est donc l'immobilité au sein d'un espace qui est mobile.

Par exemple, par rapport à un repère cartésien, cela signifie que ce sont les graduations des axes qui s’étirent en même temps que l’espace de telle façon que les coordonnées du point M restent les mêmes au cours du temps (si toutefois on suppose bien sûr que le point M reste immobile relativement à l’espace)

                                                                                                                           

 

a(t) est appelé "facteur d'échelle" ou encore "rayon d'univers"

r'  est la coordonnée radiale comobile (indépendante du temps). Si l'espace est plat, elle représente la distance radiale comobile entre 2 points de l'espace.

r(t) = a(t).r'    représente la distance géométrique c'est à dire la véritable distance séparant 2 points au cours du temps (dans le cas d'un espace plat).

 

b) Partie temporelle de la métrique 

 

Le paramètre "t" doit-il dépendre de la position de l'observateur dans l'espace ?

L'évolution homogène de l'univers signifie que des horloges situées ici sur Terre, dans la galaxie d'Andromède ou ailleurs dans n'importe quelle autre galaxie seront toutes, en moyenne, soumises à des conditions physiques similaires et égreneront donc le temps à peu près de la même façon. L'homogénéité et l'isotropie de l'espace, bien qu'en expansion , garantit ainsi une synchronie cosmique: le temps s'écoule sensiblement  de façon uniforme partout dans l'univers.

Le paramètre "t" représente ainsi le temps comobile c'est à dire le temps propre: il s'agit du temps mesuré par des horloges stationnaires par rapport à l'espace lui même. Toutes ces horloges sont en moyenne synchronisées et mesurent globalement le temps écoulé depuis le "Big-Bang": on lui donne le nom de "temps cosmologique"

 

Mathématiquement parlant, la partie temporelle de la métrique, représentée par le terme g00 , doit être indépendante de notre position dans l'espace: il prend par convention la valeur "1" comme dans le cas de l'espace-temps vide de Minkowski.

 

 

c) La métrqie de FLRW

 

En définitive la métrique de l'espace-temps sensée représenter notre univers sera de la forme:

                  

                          

                                                  

 

 

4°) Les équations de Friedmann

A partir de la métrique de FLRW:

 

                 

 

                        

                                                                                                                                                                                                                                 

                                                                                                                                                                                                                                                      Alexander Friedmann

5°) Les différents modèles d'univers

5-1) Le modèle d'Einstein  (1917)    

Comme la plupart des scientifiques de l'époque, Einstein considère que l'univers est globalement  statique et homogène. Il l'imagine également fermé principalement pour des raisons liées au principe de Mach auquel il croit beaucoup. Il construit ainsi un modèle d'univers sphérique capable de rendre compte de l'essentiel des conditions phyiques qu'il pense devoir respecter.

Pourtant, il constate  rapidement que ses équations n'admettent pas de solutions statiques et c'est ainsi pour satisfaire ce qu'il considère comme une exigence expérimentale (univers immobile) qu'il se trouve contraint de modifier légèrement ses équations en y ajoutant un terme supplémentaire : la constante cosmologique.

Cette constante se comporte comme une force répulsive permettant de contrebalancer  exactement la force gravitationnelle attractive due à la matière, l'ensemble pouvant désormais tenir en équilibre.

 

        

La densité d'énergie r  de l'univers détermine la taille de celui-ci qui fixe à son tour la valeur que doit prendre la constante cosmologique pour que l'univers soit statique.

5-2) Le modèle de De Sitter  (1917)

Il s'agit d'un univers vide de matière mais avec une constante cosmologique non nulle. En raison de l'isotropie de l'espace, la métrique est de la forme:

                                                                                       

                                                                                                                                                                                                                                                        Willem De Sitter

Le modèle d’univers de De Sitter n’est statique qu’en apparence en raison du système de coordonnées particulier qui a été utilisé. Comme l'a montré H.Weyl en 1923, il suffit par exemple d’introduire un peu de matière dans le modèle pour constater qu’elle tend à s’écarter de façon exponentielle. En 1925 G.Lemaître montre comment on peut introduire de nouvelles coordonnées qui rendent la métrique de De Sitter non statique et  démontre qu'il existe alors une relation linéaire entre la vitesse et la distance.  

 

5-3) Les modèles de Friedmann  (1922-1924)                                                                

Dans cette catégorie de modèles d’univers, le fluide cosmique, principalement constitué des galaxies, est assimilé à un gaz parfait (les interactions entre galaxies sont négligées) dont la pression est négligeable (l’énergie « d’agitation thermique » des galaxies est négligeable devant leur énergie de masse).

Bien qu' A. Friedmann ait traité les situations avec une constante cosmologique , on se limitera ici aux cas paticuliers où= 0

Tous les modèles de Friedmann possèdent une singularité dans le passé et qui correspond à ce qu’on appelle communément le « Big Bang ».

                                                                                        

Avant d'expliciter les différentes solutions des équations de Friedmann, on peut introduire au préalable les paramètres cosmologiques:

                        

Remarque: la relation de Hubble  v= Ho.r  n'est qu'une approximation seulement valable pour des galaxies dont la vitesse de récession est modérée.

En effet lorsqu'on regarde une galaxie située par exemple à 2 millions d'année-lumière, on mesure aujourd'hui la vitesse et la distance à laquelle se situait cette galaxie il y a 2 millions d'années de là, c'est à dire le temps qu'il a fallu à la lumière pour parvenir de la galaxie jusqu'à nous. Si ce laps de temps est faible relativement au temps cosmologique, le taux d'expansion de l'univers mesuré par la "constante" de Hubble H  n'a pas eu le "temps" de varier de façon notable et on peut ainsi considérer que sa valeur est sensiblement la même aujourd'hui.

Il en est de même pour la distance et la vitesse de récession de la galaxie étudiée: la distance et la vitesse que possédait la galaxie il y a 2 millions d'années ont quasiment les mêmes valeurs qu'aujourd'hui.

La relation n'est donc valable que si l'on considère des galaxies dont la vitesse de récession n'est pas trop élevée c'est à dire pour des galaxies modérément éloignées.

La connaissance de H0 permet d’évaluer l’âge de l’univers. En effet, si on considère que les galaxies s’éloignent les unes des autres à vitesse constante (alors qu’en réalité elles s’éloignaient plus vite par le passé qu’aujourd’hui) alors la distance « r » qui sépare 2 galaxies maintenant vaut  r =v.t ou tH  représente le temps écoulé depuis le Big-Bang. (tH est aussi appelé "temps de Hubble")

Comme:

                                                                                                       

 

a) Le modèle d'Einstein-De Sitter (1932)    (k=0)

Proposé conjointement par Einstein et De Sitter en 1932, il s'agit d'un cas particulier des modèles de Friedmann pour lequel l'espace est supposé être "plat"  (k=0)a)

                      

                                                                       

Il s'agit d'un univers ouvert  dont l'expansion s'arrêtera au bout d'un temps infini.

Ce modèle d'univers a été abandonné car en contradiction avec l'âge de certaines vieilles étoiles dont on estime la durée de vie supérieure à 10 milliards d'années.

 

b) Le modèle sphérique    (k=1)  (1922)

 

                            

Conclusion : si  r >rc  l'univers est fini dans l'espace et dans le temps puisqu'il se termine inévitablement par un Big Crunch. Ce type d'univers a été abandonné car son âge actuel maximale est  toujours plus petit que l'âge de certaines étoiles...

c) Le modèle hyperbolique (k=-1)   (1924)

                     

Conclusion : si  r <rc  l'univers est ouvert  dans l'espace et dans le temps.

Avec un paramètre de décélération très faible, l'âge de l'univers reste compatible avec l'âge des plus vielles étoiles mais est en contradiction avec la valeur du paramètre de décélération que l'on mesure aujourd'hui : qo < 0

 

 

                                                                                              Synthèse des modèles de Friedmann

                                                                                                                                   

 

5-4) Les modèles de Lemaître (1927-1931)   

Indépendamment et contrairement à Friedmann, les solutions proposées par G.Lemaître incluent non seulement la constante cosmologique mais aussi un terme de pression et sont  donc plus générales que les modèles présentés par le physicien russe entre 1922 et 1924.

 

a) Le modèle de l'univers "jeune"

Le terme de pression prend toute son importance lorsque l’univers est jeune et que la pression due aux photons ne peut plus être négligée devant la densité d’énergie de la matière. Dans les premiers stades de l’univers, on peut même négliger les termes de densité d'énergie de matière et du vide par rapport à la pression de radiation.

En fait, l’approximation p = 0 n’est valable que pour les temps cosmologiques postérieurs à 100 000 ans.

b) Les modèles d'univers avec constante cosmologique non nulle  et pression négligeable.

 

b-1) Univers de courbure nulle  (k=0) : Le modèle LCMD (lambda cold dark matter)

D’après les dernières mesures obtenues en étudiant les « supernovae » de type Ia, ainsi que ceux obtenus grâce à WMAP, il s’agirait du modèle le mieux adapté à l’univers observable. En effet, les dernières observations tendent à montrer que notre univers est plutôt « plat » et que son expansion s’accélère ce qui peut s’expliquer en faisant à nouveau intervenir une constante cosmologique positive.

Cette constante peut être incorporée dans le tenseur énergie-impulsion en rajoutant à celui-ci un terme supplémentaire que l’on peut interpréter comme étant le tenseur énergie-impulsion du vide dont l’effet répulsif finirait par l’emporter lorsque l’univers serait devenu suffisamment grand.

L'origine de cette énergie du vide, aussi appelée "energie noire", n'est toujours pas comprise aujourd'hui....

 

 

         

     

 

Age du découplage (âge pour lequel l'univers est devenu transparent)

 

                  

L'horizon cosmologique

Il s'agit de la distance au-delà de laquelle l'univers n'est plus observable car toute information sur cette partie de l'univers n'a pas eu le temps de nous parvenir. Etant donné qu'aucune information ne peut voyager plus vite que la lumière et que l’univers est âgé d’environ 13,7 milliards d’années, tout objet situé au-delà de 13,7 milliards d’années-lumière ne peut être observé. Néanmoins l’univers étant en expansion, la distance réelle qui nous sépare de l’horizon cosmologique est  supérieur à cette valeur.

Aujourd’hui, les seules informations que l’on peut obtenir de l’univers se font grâce à la lumière et celle-ci n’a pu voyager librement qu’environ 380 000 ans après le big-bang lorsque l’univers est enfin devenu « transparent ». La distance à laquelle se situe l'horizon cosmologique correspond donc à la distance qui nous sépare de la "surface de dernière diffusion".

            

 

 

b-2) Univers de courbure positive  (k= 1)

 

Il n'existe pas de solutions aux équations de Friedmann dans ce cas, mais un traitement numérique permet de tracer les courbes a=f(t)

 

 

1er cas : L'univers d'Eddigton-Lemaître  ( L =LE )

 

Persuadé que l'expansion de l'univers est une réalité (contrairement à Einstein à cette époque), Lemaître propose en 1927 un modèle d'univers sans big-bang mais en expansion. L'univers est là depuis toujours dans un état statique correspondant au modèle d'Einstein présenté en 1917, puis  entre dans une phase d'expansion suite à une perturbation...

 

 

  

 2ième cas : L'univers de Lemaître  ( L > LE )     

Dans ce modèle, Lemaître suggère que l’univers possède un début dont l’origine serait la désintégration d’un atome-univers. L’univers connaîtrait alors une phase d’expansion rapide suite à laquelle il entrerait dans une phase de stagnation plus ou moins longue (suivant que L est plus ou moins proche de LE). Durant cette seconde phase, il y aurait un équilibre presque parfait entre la gravité et la répulsion provenant de la constante cosmologique. C’est lors de cette phase que des fluctuations de densité apparaissent donnant naissance aux étoiles puis galaxies et amas de galaxies. La formation de ces condensations de matière perturberait l’équilibre et déclencherait alors une nouvelle phase d’expansion que l’on observe aujourd’hui.   

               

 

                                                                                                      

 

             

Plus la valeur de L s'écarte de LE et plus la phase de "stagnation" est courte.    

3ième cas : L'univers à rebond  ( L < LE )      

 

 

 

b-3) Univers de courbure négative  (k= -1)

 

Dans le cas d'une courbure négative, tous les univers connaissent un Big Bang quelque soit la valeur de L.

 

 

5-5) Le modèle stationnaire  (1948)

Dans les années 1950, la plupart des physiciens avaient  plus ou moins adopté la théorie du Big-Bang de Georges Lemaître même si de nombreux problèmes subsistaient  encore comme par exemple l’âge de l’univers. D’après les mesures de Ho (environ 500 km.s-1.Mpc-1) l’univers avait un âge maximum d’environ 2 milliards d’années alors que les géologues de l’époque dataient déjà  certaines roches terrestres à environ 3,5 milliards d’années. La Terre serait plus âgée que l’univers !

En désaccord avec la théorie selon laquelle l’Univers serait né d’une « explosion », Fred Hoyle, Hermann Bondi et Thomas Gold quant à eux, prônaient l’existence d’un Univers stationnaire  c'est-à-dire un univers éternel (sans début) et immuable (même aspect). La théorie de l'état stationnaire offrait une alternative au problème d'un commencement de l'Univers posé par le modèle standard. L'acte de création unique était remplacé par un Univers qui se crée continuellement lui-même.

En effet l’expansion de l’univers étant un fait avéré, de la matière devait être crée continument  à partir du vide afin que l’univers resta inchangé dans le temps comme l’affirmait les 3 physiciens (c’est le principe cosmologique parfait imaginé par Hoyle : l’univers est homogène, isotrope et identique à lui-même dans le temps) : les calculs de Hoyle  conduisaient à un taux de création d'un atome d'hydrogène par décimètre cube et par milliard d'années.

Le terme de « big-bang » a été inventé par F.Hoyle lors d’une émission à la BBC en 1951 afin de tourner au ridicule Georges Gamow, fervent défenseur de la théorie de Lemaître. Georges Gamow est d’ailleurs l’un des premiers à avoir prédit dans les années 40 que si l’univers était passé par une phase dense et chaude, il devait exister aujourd’hui un reliquat de cet état très chaud:  le rayonnement fossile.

 

          

Néanmoins, au début des années 60, lorsque les  quasars furent découverts en grand nombre, il fallut bien convenir que la théorie de l'état stationnaire n'était plus crédible. Dennis W. Sciama et Martin J. Rees remarquèrent qu'il existait beaucoup plus de quasars dans le passé que de nos jours. Leur découverte démontrait une évolution cosmologique, incompatible avec la théorie de l'état stationnaire. Le coup d’arrêt final à la théorie de Hoyle, Bondi et Gold fut la découverte du fond diffus cosmologique en 1965. L’origine, son spectre de corps noir et le fait que sa température était plus élevée par le passé ne pouvaient pas être expliqués correctement par la théorie de l’univers stationnaire.

6°) Grandeurs observables et données expérimentales

  6-1) Quelques grandeurs utiles

    a) La distance radiale comobile:  Dcom

Soit un observateur situé à l'origine du référentiel comobile. Pour cet observateur, la distance radiale comobile Dcom d'un point  dont  les coordonnées sphériques sont (r,0,0) est obtenue en intégrant la partie spatiale de la métrique de FLRW réduite à sa composante radiale:

Bien que non mesurable, cette grandeur fixe de façon intrinsèque et indépendamment de l'expansion, la distance entre 2 points.

  b) La distance physique radiale:  Dp

Il s'agit de la distance géométrique entre 2 points de l'espace. Il s'agit d'une grandeur qui est fonction du temps et qui ne peut être mesurée qu'à un instant donné, ce qui n'est pas possible en pratique car toute mesure de distances ne peut se faire de façon instantannée. Il ne s'agit donc pas d'une grandeur accessible.

6-2) Grandeurs observables

   a) Le décalage vers le rouge (redshift)

Le "redshift", ou décalage vers le rouge de la lumière, s'observe dans le spectre de tous les objets lointains. Il est dû à l'expansion de l'univers et à la vitesse relative entre les objets qui en résulte.

Si la distance radiale comobile entre nous et une galaxie donnée est constante au cours du temps, 2 photons successifs émis par cette galaxie devront parcourir des distances lumière différentes en raison de la dilatation de l'espace lui même. Le second photon aura une distance légèrement plus grande à parcourir et prendra donc du retard sur le premier ; Il sera reçu par l'observateur terrestre avec un léger décalage temporel plus grand  que celui les séparant à leur émission.

Considérons 2 photons émis depuis une galaxie donnée aux instants t1 et t1+ dt1 en direction d'un observateur O où ils arrivent aux instants to et to+dto. Comme il s'agit de lumière, on peut écrire pour chacun des photons que ds2 =0 e

n                       

 

  b) Le taux d'expansion:  Ho

          

En réalité, il n'est pas possible d'obtenir directement la valeur de v(to) et Dp(to)  pour en déduire celle de H(to) :  les seules grandeurs accessibles aux mesures sont le redshift "z" et la distance-lumière (aussi appelée distance de luminosité)

Néanmoins, pour des distances relativement faibles (donc pour des redshifts petits), on peut obtenir la valeur de v(to) à partir de la mesure du redshift "z":

De même si  les redshifts mesurés sont faibles, la valeur de Dp(to) est quasiment égale à Dl(to) que l'on obtient facilement à partir de la luminosité apparente d'une source lumineuse dont on connaît la luminosité intrinsèque (ex: les cépheides). C'est de cette façon que Hubble a obtenu sa loi de proportionnalité entre les vitesses de récession et les distances radiales et a ainsi pu en déduire la valeur de Ho.

 c) La distance lumière:  DL

La distance entre 2 points de l'espace peut aussi être définie par la distance parcourue par la lumière pour les joindre. Cette distance est équivalente au temps de voyage mis par la lumière pour joindre les 2 points de l'espace. Dans un univers en expansion, cette distance ne coincide pas avec la distance physique Dp entre les objets puisque celle-ci varie continûment pendant le voyage de la lumière.

Si "dl" est la distance comobile séparant 2 points de l'espace, la distance-lumière DL, qui dépend de l'instant d'émission te, satisfait la relation ci-dessous:

La distance luminosité s'obtient en mesurant la luminosité apparente d'une source lumineuse dont on  connaît la luminosité intrinsèque (ex: Céphéides, SNIa):  

6-3) Données expérimentales

   a) Relation "redshift"-"distance-lumière" et détermination des valeurs de Ho et qo

Remarque: pour des redshifts très petits, le terme en z2 est négligeable et on retrouve dès lors la relation établie par E. Hubble  :  

En pratique, il suffit de mesurer le redshift d'objets lumineux ainsi que la distance à laquelle ils se trouvent de la Terre pour en déduire les valeurs de Ho et qo

L'observation d'un grand nombre de supernovae de type SNIa ("Supernovae Cosmology project" et "High-Z Supernovae Surch Team") a permis de tracer  la courbe DL= f(z) et d'en déduire une valeur  relativement précise de Ho et qo:

               

D'après les dernières mesures publiées en 1998, on trouve  Ho = 72 km/s/Mpc  et qo = -0,6 ce qui signifie que l'expansion de l'univers s'accélère. Ces résultats sont en bon accord avec ceux obtenus grâce à WMAP (en attendant les résultats plus précis de la mission Planck)